Un ancien ministre centrafricain, Hassan Come, également magistrat, est au cœur d'une controverse suite à une plainte déposée par un lycéen. Hassan Come, qui a précédemment occupé le poste de ministre du Commerce, est une figure connue de la scène politique centrafricaine, ce qui confère une résonance particulière à cette affaire. Aladjaba Torab, né en 2004, a déposé plainte pour menaces et harcèlement au commissariat du 5ème arrondissement de Bangui. Les faits se seraient déroulés après les résultats des élections, lorsque Mariame Fotor, l'épouse de Hassan Come, a contacté l'étudiant. Cette prise de contact après un scrutin électoral est un élément clé de l'affaire, suggérant des motivations politiques derrière les événements subséquents. Selon des informations recueillies, l'affaire a pris une tournure plus formelle lorsque le sous-lieutenant Pazounda Freddy Jonathan a interrogé Aladjaba Torab au CNS. Lors de cet interrogatoire, le lycéen a été questionné de manière approfondie sur ses opinions politiques, son affiliation au mouvement « Carrefour Politique » et ses liens avec l'opposant de Hassan Come, des questions qui soulèvent des interrogations sur la nature de l'enquête menée par les forces de sécurité.
Contexte Électoral et Confrontation
La défaite électorale de Hassan Come, ancien ministre, a précédé ces événements et semble avoir été le catalyseur de la situation. Il a subi une défaite significative lors des élections législatives du 26 avril 2025, un revers politique qui a pu exacerber les tensions et les frustrations au sein de son entourage. Dans ce contexte post-électoral tendu, Mariame Fotor, l'épouse de Hassan Come, aurait confronté directement Aladjaba Torab. Selon des informations rapportées, Mariame Fotor aurait proposé un affrontement physique à Aladjaba Torab, une proposition qui dénote une escalade dans la nature des interactions. Cette confrontation aurait eu lieu spécifiquement à l'intersection de Marabéna, un lieu non précisé dans les documents fournis, mais qui marque un point géographique précis dans le déroulement des faits. L'incident à Marabéna est rapporté comme une proposition de bagarre physique émanant de Mariame Fotor à l'encontre du lycéen Aladjaba Torab, ajoutant une dimension de menace physique à l'affaire de harcèlement. C'est à la suite de ces événements que le jeune Aladjaba Torab a décidé de porter plainte, cherchant protection auprès des autorités compétentes pour les menaces et le harcèlement qu'il affirmait avoir subis.
Intervention des Forces de Sécurité
Hassan Come, l'ancien ministre, s'est rendu à la Compagnie Nationale de Sécurité (CNS) pour déposer plainte contre Aladjaba Torab, agissant à la place de son épouse. Cette démarche, où une figure publique intervient directement pour une affaire impliquant son conjoint et un citoyen ordinaire, a soulevé des questions sur l'utilisation de l'influence. Suite à cette démarche, la hiérarchie de la CNS a retiré l'affaire au commissariat du 5ème arrondissement de Bangui, prenant ainsi la main sur le dossier. Cette intervention de la CNS a eu pour effet de centraliser l'enquête et de la soustraire à la juridiction initiale du commissariat de proximité. Aladjaba Torab a été convoqué à la CNS le 6 mai 2026 pour y être interrogé, une convocation qui a concrétisé la prise en charge du dossier par cette instance supérieure. L'interrogatoire mené par le sous-lieutenant Pazounda Freddy Jonathan au CNS a porté sur des aspects très spécifiques de la vie du lycéen, notamment ses opinions politiques et ses affiliations, ce qui a pu être perçu comme une tentative d'intimidation ou de recherche d'informations sur ses préférences politiques.
Parallèlement, les convocations émises par le 5ème arrondissement à l'encontre de Mariame Fotor sont restées sans suite. Mariame Fotor a en effet ignoré deux convocations successives des enquêteurs du commissariat du 5ème arrondissement de police. Ce refus répété de se présenter devant les autorités a ajouté une couche de complexité à l'affaire, mettant en lumière un apparent manque de coopération de sa part. Cette situation a conduit les autorités de la CNS à intervenir directement dans le traitement de l'affaire, modifiant le cours initial de l'enquête et la dynamique du processus judiciaire. Le fait que les convocations ignorées par Mariame Fotor au 5ème arrondissement demeurent sans suivi est un point souligné par plusieurs observateurs, suggérant une disparité dans le traitement des parties impliquées.
Dénouement et Réactions
Le procureur a ordonné la relaxe d'Aladjaba Torab, selon Gisèle MOLOMA. Cette décision judiciaire a marqué la fin de la procédure à l'encontre du lycéen, le disculpant des accusations portées contre lui. Gisèle MOLOMA s'interroge avec véhémence sur le rôle de l'ancien ministre, déclarant : « Comment un ancien ministre, et surtout un magistrat peut-il mobiliser les forces de sécurité de la République pour couvrir les provocations de son épouse et punir un jeune lycéen dont le seul tort est d’avoir voté du mauvais côté ? ». Cette question rhétorique met en exergue l'indignation face à ce qui est perçu comme un abus d'influence et une instrumentalisation des institutions étatiques à des fins personnelles. Elle ajoute, concernant la décision judiciaire : « Heureusement, un autre mafieux, le procureur, lui, a fini par ordiner la relaxe d’Aladjaba Torab. » Cette expression, bien que forte, reflète le sentiment d'une justice qui a finalement prévalu malgré les pressions.
Gisèle MOLOMA fait également remarquer que les deux convocations ignorées par Mariame Fotor au 5ème arrondissement demeurent sans suite, un fait qui continue de susciter des interrogations sur l'équité du traitement réservé aux différentes parties. Elle exprime son étonnement face à cette situation, s'écriant : « Quelle folie? », soulignant l'incongruité de voir une partie ignorer les convocations policières sans conséquence apparente. La journaliste conclut par une observation sur l'impact des médias sociaux, affirmant : « Grace aux réseaux sociaux, on connait les vrais visages des gens qu’on croyait intellectuel et respectueux. Hors, ce sont des bras cassés. » Cette déclaration finale met en lumière le rôle des plateformes numériques dans la révélation des comportements et la formation de l'opinion publique face aux agissements des figures d'autorité. Cet article est rédigé par Gisèle MOLOMA, qui apporte ainsi son éclairage sur cette affaire complexe.