Bangui : L'absence choquante d'un cimetière national

Ambulance sur l'avenue des martyrs à Bangui
Photo via Corbeaunews-centrafrique

Voici l'article étendu :

Bangui se distingue comme la seule capitale d'Afrique centrale dépourvue d'un cimetière national, une situation qui soulève des questions fondamentales sur la commémoration des défunts et la préservation de l'histoire du pays. Cette absence est d'autant plus marquante que la ville a été le théâtre de tragédies profondes et douloureuses, comme celle survenue au Lycée Boganda, où 29 jeunes ont tragiquement perdu la vie. Cet événement dramatique illustre de manière poignante le besoin pressant d'un lieu de mémoire et de recueillement centralisé, qui pourrait servir de pilier pour la nation centrafricaine et ses citoyens. L'absence d'un tel espace collectif empêche une reconnaissance officielle et un deuil national approprié pour des événements d'une telle ampleur.

Déficit institutionnel persistant

Cette situation alarmante perdure sans solution concrète sous l'administration actuelle du Président Faustin-Archange Touadéra. Malgré les besoins évidents et les appels de la population, aucune initiative publique significative n'a été avancée pour remédier à ce manque criant. Le ministère chargé de l'aménagement du territoire, qui aurait la responsabilité de superviser un tel projet, n'a jamais accordé la priorité nécessaire à la création d'un cimetière national, laissant ainsi un vide institutionnel majeur et une lacune significative dans le tissu social et mémoriel du pays. En conséquence directe de cette inaction, les familles des victimes sont continuellement contraintes d'organiser les funérailles dans des conditions extrêmement difficiles, souvent sur des terrains privés ou des espaces improvisés qui ne sont ni dignes ni permanents. Cette absence de structure officielle et de soutien de l'État complique non seulement le processus de deuil pour les proches, mais elle entrave également la possibilité de rendre un hommage collectif, structuré et digne aux disparus, privant la nation d'un lieu pour honorer sa mémoire collective.

Proposition de solution concrète

Face à ce constat, Hugues Francis-Mongoume a présenté une proposition détaillée et réfléchie visant à créer un cimetière national. Dans son plan, il suggère que les 29 victimes du Lycée Boganda soient les toutes premières à être inhumées dans ce nouveau lieu de recueillement, leur offrant ainsi une reconnaissance posthume et une sépulture digne. Cette initiative s'inscrit dans un contexte où Bangui, la capitale centrafricaine, ne dispose pas encore d'un tel lieu de mémoire et de repos éternel. La suggestion de M. Francis-Mongoume vise à offrir une solution concrète et pérenne à un manque institutionnel persistant, particulièrement après des événements tragiques qui ont marqué profondément la ville et endeuillé de nombreuses familles. L'inhumation des victimes du Lycée Boganda en ferait un symbole fort pour la nation, permettant non seulement un recueillement collectif et une reconnaissance officielle de ces disparus, mais aussi la création d'un site historique et pédagogique pour les générations futures. Ce cimetière deviendrait un lieu où l'histoire du pays et les sacrifices de ses citoyens pourraient être honorés et préservés pour toujours.

Réactions et appel à l'action

Hugues Francis-Mongoume, vice-président du parti ITA, a souligné avec insistance ce déficit institutionnel persistant à Bangui, le qualifiant de grave manquement de l'État. Selon lui, cette absence d'un cimetière national entrave de manière significative la capacité des familles endeuillées et de la nation tout entière à faire leur deuil de manière appropriée et respectueuse. Il a rappelé que l'État centrafricain, en ne disposant pas d'un tel lieu de recueillement et de commémoration, prive la population d'un espace essentiel pour honorer dignement les défunts et reconnaître les tragédies qui ont marqué le pays et forgé son histoire. M. Francis-Mongoume insiste sur l'importance clé de ce projet pour la mémoire collective de la Centrafrique, arguant qu'un cimetière national est plus qu'un simple lieu de sépulture ; c'est un symbole de l'identité nationale, un lieu de souvenir et de transmission pour les générations futures. Il appelle les autorités à prendre des mesures concrètes et urgentes pour concrétiser cette proposition, afin que Bangui puisse enfin offrir à ses héros et à ses victimes un lieu de repos éternel et une reconnaissance digne de leur place dans l'histoire du pays.