Bangui sous les eaux : le naufrage d'une gouvernance

Bangui sous les eaux : Est-ce un déluge divin ou la faillite tragique d'un régime irresponsable ?
Photo via Corbeaunews-centrafrique

Bangui, capitale de la République centrafricaine, subit des inondations sévères ayant provoqué la destruction de nombreuses habitations et de voies de circulation. Ce désastre naturel affecte directement les infrastructures urbaines et les conditions de vie des résidents. Les quartiers de la ville, dont Miskine, Madou et Bakongo, font face à une montée brutale des eaux. Les autorités locales évaluent actuellement l'ampleur des dégâts matériels causés par cette catastrophe sur le réseau routier et les bâtiments résidentiels. L'eau a englouti plusieurs axes de circulation, isolant certaines zones du centre-ville. Les services de secours tentent de porter assistance aux populations sinistrées dans les secteurs les plus durement touchés par ces intempéries prolongées à Bangui.

Une décennie de pouvoir contestée

Faustin-Archange Touadéra exerce le pouvoir en République centrafricaine depuis plus d'une décennie, occupant successivement les fonctions de Premier ministre et de président. Cette longévité politique se heurte désormais à la gestion des infrastructures urbaines de la capitale, alors que les inondations actuelles révèlent la fragilité des réseaux d'évacuation. Une habitante, dont le domicile est envahi par les eaux, interpelle directement le chef de l'État : « Douze ans au pouvoir, et incapable de construire une simple canalisation d’eau ! »

La question des infrastructures de drainage remonte à la période de transition dirigée par Catherine Samba-Panza. Sous le gouvernement de Kamoun, l'État a reçu plusieurs milliards de francs CFA provenant de fonds saoudiens. Ces financements étaient spécifiquement alloués à deux chantiers prioritaires pour la capitale : la reconstruction de l'aéroport international Bangui M'poko et la mise en place d'un réseau de drainage capable de prévenir les inondations récurrentes.

Des décisions ultérieures ont toutefois modifié la trajectoire de ces projets. Le régime actuel aurait annulé des contrats précédemment signés avec des entreprises internationales pour privilégier le recrutement de firmes chinoises, choisies pour leurs coûts plus compétitifs. Ces changements contractuels ont conduit à l'abandon pur et simple du projet de drainage. Les installations nécessaires à l'évacuation des eaux pluviales ne furent jamais achevées, laissant les quartiers de Bangui sans protection face aux crues. Le réseau de drainage, dont la réalisation était financée par les fonds saoudiens, demeure inopérant, aggravant l'isolement des zones résidentielles lors des intempéries.