Cinq leaders de la société civile ont été arrêtés à Bangui suite à une opération « ville morte » organisée pour protester contre la hausse des prix du carburant et le coût de la vie en Centrafrique. Cette mobilisation, qui a paralysé plusieurs secteurs de la capitale, visait à exprimer le mécontentement croissant de la population face aux difficultés économiques rencontrées au quotidien. Les autorités ont procédé à ces interpellations immédiatement après cette action de contestation sociale, ciblant des figures marquantes du mouvement.
Le PJLOD (Plateforme de Justice et de Lutte contre l'Opression et la Dictature) a publié une déclaration politique le 26 octobre 2026 concernant les conditions de détention de ces cinq militants. Ce document officiel détaille les préoccupations de l'organisation face au traitement réservé aux personnes détenues après les manifestations. Steve et Anselme Mbata figurent parmi les acteurs suivis par le PJLOD dans le cadre de ce dossier lié aux récentes actions de contestation sociale dans la capitale. L'organisation note, dans sa note, l'importance du respect des procédures judiciaires en vigueur pour les personnes privées de liberté dans ce contexte.
Conditions de détention contestées
Les militants détenus observent actuellement une grève de la faim. Ce mouvement de protestation vise à dénoncer le dépassement des délais légaux de garde à vue. Par cette action radicale, les cinq leaders de la société civile exigent également leur libération immédiate, estimant que leur maintien en détention prolongée est dépourvu de fondement légal.
Le PJLOD affirme que le procureur de la République avait ordonné que les visites familiales et l'assistance alimentaire soient autorisées pour les détenus. Selon les éléments communiqués par le PJLOD, cette directive visait à garantir un minimum de droits fondamentaux aux cinq personnes arrêtées. Malgré cette instruction explicite, l'accès aux personnes arrêtées a fait l'objet de restrictions prolongées, suscitant des tensions accrues sur les conditions de leur détention à Bangui. Les familles et les représentants des détenus ont fait état de difficultés répétées pour obtenir des informations sur l'état de santé des militants, qui se trouvent dans une situation de vulnérabilité accrue en raison de leur refus de s'alimenter.
Face à cette situation, le SRI (Service de Recherche et d'Investigation) a finalement autorisé une visite familiale exceptionnelle le 26 octobre 2026. Cette rencontre, très attendue par les proches des détenus, a débuté à 14:05. Elle a duré 15 minutes, un laps de temps jugé très court par les familles et le PJLOD au regard de la situation des militants en grève de la faim. Cette visite constitue le seul contact direct autorisé entre les détenus et leurs familles depuis le début de leur incarcération suite à l'opération « ville morte ». Le PJLOD continue de suivre l'évolution de ce dossier, insistant sur la nécessité de se conformer aux directives du procureur de la République concernant l'accès aux soins et aux visites pour les cinq leaders de la société civile. La situation reste tendue à Bangui alors que les militants poursuivent leur mouvement de protestation contre les conditions de leur garde à vue.