Centrafrique : La vérité derrière les manifestations contre Orange Centrafrique

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Photo via Corbeaunews-centrafrique

Des manifestations sont orchestrées contre Orange Centrafrique, prétendument par des groupes instrumentalisés par le gouvernement utilisant des jeunes gens manipulés. Ces actions surviennent dans un contexte de tensions aiguës entre l'opérateur de téléphonie mobile et les autorités gouvernementales centrafricaines, marquant une période de défis pour le secteur des télécommunications dans le pays. Justin Gourna Zacko, alors ministre des Postes et Télécommunications, aurait menacé le directeur général d'Orange Centrafrique d'arrestation et d'expulsion, soulignant la gravité de la situation. La menace aurait été proférée alors que le directeur tentait d'expliquer que l'augmentation des taxes était une décision imposée par l'État, mettant en lumière les pressions considérables subies par l'entreprise de télécommunications de la part des pouvoirs publics.

La taxe gouvernementale en cause

Le gouvernement centrafricain a imposé une « taxe spoliatrice de 1 % » sur toutes les transactions numériques, dans le but affiché de renflouer les caisses de l'État. Cette nouvelle imposition impacte directement et de manière significative les opérations des opérateurs de téléphonie mobile, modifiant la structure des coûts pour les utilisateurs finaux. Pour les transferts nationaux, les frais d'Orange Money s'élèvent à 0,75 % TTC, tandis que la taxe gouvernementale représente un taux fixe de 1 %. Ce taux de 1 % appliqué par l'État sur les transferts nationaux dépasse ainsi les propres frais de 0,75 % prélevés par Orange, ce qui constitue un point de friction majeur.

La différence est notable et a des répercussions directes sur le coût total des transactions pour les usagers. Sur un retrait national maximal de 250 000 F CFA, les frais totaux atteignent 7 500 F CFA, une somme imputable en grande partie à la taxe gouvernementale de 1 %. Cette taxe de 1 % s'applique également aux transferts effectués vers la zone CEMAC, via le réseau GIMAC, élargissant son champ d'application. Un reçu de transfert consulté, illustrant un envoi de 2 250 FCFA, montre une répartition claire des prélèvements : 22,5 FCFA sont prélevés au titre des taxes gouvernementales, contre 16,87 FCFA pour les frais de l'opérateur. Ces chiffres démontrent concrètement l'impact prépondérant de la taxe étatique sur les coûts des transactions.

Manœuvres gouvernementales dénoncées

La raison invoquée pour les manifestations est « l'explosion des frais appliqués aux transactions Orange Money », selon des sources proches des organisateurs de ces mouvements. Ces mouvements de contestation, qui se sont intensifiés à Bangui et dans d'autres villes de Centrafrique, dénoncent une augmentation perçue des coûts pour les utilisateurs des services de transfert d'argent mobile. Les manifestants déplorent que ces frais impactent directement leur pouvoir d'achat et la facilité d'accès aux services financiers numériques, qui sont essentiels pour de nombreux Centrafricains. La situation met en lumière les tensions croissantes autour de la politique tarifaire des opérateurs de télécommunications et l'intervention de l'État dans ce secteur stratégique, soulevant des questions sur l'équilibre entre la régulation et le développement économique.

Contexte et implications financières

Le gouvernement centrafricain n'a pas divulgué le montant exact des fonds collectés grâce à la taxe de 1 % sur le Mobile Money au cours des deux dernières années. Cette absence de transparence concernant les recettes générées par cette imposition soulève de sérieuses interrogations sur son impact réel sur les finances publiques et sur la justification de son maintien. La taxe, qui s'applique sur les transactions numériques, est une source potentielle de revenus pour l'État, mais le manque de données publiques sur les sommes perçues rend difficile l'évaluation de son efficacité et de sa contribution au budget national. Cette opacité alimente les spéculations et les critiques concernant la gestion des fonds publics issus de cette nouvelle taxation.