L'avenir de la mission Minusca en République centrafricaine

Le mandat de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en République centrafricaine (Minusca) expire le 15 novembre 2026. Valentine Rugwabiza, représentante spéciale du secrétaire général des Nations unies pour la République centrafricaine, a informé le Conseil de sécurité le 20 octobre 2026 d'une escalade de la violence dans l'est du pays. La République centrafricaine et le Soudan partagent une frontière commune d'environ 170 km.

Défis sécuritaires et instabilité régionale

L'attaque survenue le 30 juin 2026 à Am-Dafock a provoqué le déplacement de 17 000 personnes. Six membres des forces de maintien de la paix des Nations unies ont subi des blessures lors de cet événement. Les Nations unies ont enregistré 26 incidents graves attribués à des combattants présumés de la Lord’s Resistance Army entre juin et septembre 2026. Ces actes incluent l'enlèvement de 68 civils. Jess Jambert-Gray, coordinatrice politique adjointe du Royaume-Uni, a déclaré : « The process must be gradual, conditions-based, carefully sequenced, and guided by realities on the ground. »

Bilan opérationnel de la Minusca

La Minusca maintient actuellement un effectif supérieur à 12 000 casques bleus déployés à travers la République centrafricaine pour appuyer les efforts de stabilisation. Cet important contingent international assure diverses missions de sécurisation sur l'ensemble du territoire national.

Parallèlement au volet sécuritaire, les opérations de désarmement et de démobilisation se poursuivent. Les autorités et les partenaires onusiens ont enregistré, depuis le 1er juillet 2025, le désarmement et la démobilisation de plus de 1 900 combattants en République centrafricaine. Ces chiffres témoignent de la mise en œuvre continue du programme national destiné à réduire la présence des groupes armés. Les opérations visent à stabiliser durablement les zones concernées par ces processus de reddition et de réinsertion sociale.

Crise humanitaire et besoins urgents

La République centrafricaine compte environ 416 000 personnes déplacées à l'intérieur de son territoire. Cette situation de précarité s'ajoute à une crise alimentaire sévère touchant une large partie des habitants. Entre avril et août 2026, deux millions de personnes, soit 31 % de la population, ont fait face à une insécurité alimentaire aiguë. Les ressources disponibles pour répondre à ces besoins humanitaires restent limitées. Le plan de réponse humanitaire des Nations unies pour la République centrafricaine ne bénéficiait que d'un financement à hauteur de 46,6 % au début du mois d'octobre 2026. Ces indicateurs illustrent la dépendance critique du pays envers l'aide internationale pour soutenir les populations affectées par l'instabilité prolongée.