L'effondrement d'une mine à Zamboye, localisée à la frontière avec le Cameroun, a déclenché des appels à une réforme profonde du secteur minier en République centrafricaine. Ce tragique événement, survenu dans une zone frontalière stratégique, met en lumière les risques inhérents à l'exploitation minière dans le pays. Raymond Adouma, ancien ministre et membre de la coalition démocratique d'opposition BRDC, juge cette situation critique.
« Il y a un réel problème d’encadrement de toutes les activités sur le site minier », déplore-t-il, soulignant que « le ministère des Mines n’a pas pris le soin de se doter d’abord des compétences avant d’attribuer beaucoup de permis miniers ». Selon lui, « on a mis un peu la charrue avant les bœufs ». Il préconise désormais l'organisation d'états généraux pour « faire une remise à plat des textes » et identifier les failles structurelles ayant conduit à ce drame. Cette proposition vise à instaurer un dialogue national sur la gouvernance des ressources naturelles, afin d'éviter que de tels accidents ne se reproduisent à l'avenir dans des zones souvent isolées ou difficiles d'accès pour les autorités centrales.
Une gestion administrative défaillante
Le gouvernement de la République centrafricaine a délivré plus de 100 permis miniers sur l'ensemble du territoire national. Cette concentration d'autorisations administratives soulève des interrogations sur la capacité de suivi des services étatiques compétents. L'attribution de ces titres miniers, effectuée sans le déploiement préalable de cadres techniques suffisants sur le terrain, fragilise le contrôle des sites d'extraction. La multiplication de ces permis intervient dans un contexte où les capacités de surveillance du ministère des Mines sont pointées du doigt par plusieurs acteurs politiques.
Ces documents officiels autorisent des activités industrielles et artisanales dont la gestion reste une préoccupation majeure pour les autorités de tutelle. Les données officielles confirment l'ampleur de ce maillage administratif qui, selon les critiques, dépasse les moyens humains et logistiques réellement disponibles pour encadrer les opérations quotidiennes dans les zones minières. L'impact de ces décisions gouvernementales sur la sécurité des sites miniers demeure un sujet central des débats actuels.
La question de la sécurité au travail est désormais au cœur des préoccupations. Le manque de moyens logistiques entrave la capacité des inspecteurs des mines à se rendre sur les sites éloignés comme celui de Zamboye. Cette distance géographique, couplée à une administration centralisée, crée un vide sécuritaire que les exploitants, parfois peu formés aux normes de sécurité, comblent avec des méthodes précaires. La nécessité de renforcer la présence des agents de l'État sur le terrain est devenue une exigence pour garantir le respect des normes environnementales et humaines. Les acteurs politiques insistent sur le fait que la délivrance massive de titres miniers doit impérativement être corrélée à une augmentation proportionnelle des effectifs de contrôle. Sans cette adéquation entre le nombre de permis octroyés et les capacités réelles de supervision, le risque d'incidents miniers demeure une menace constante pour les travailleurs et les populations locales riveraines des zones d'exploitation. La réforme réclamée par Raymond Adouma se concentre donc sur cette inadéquation entre la politique d'octroi des titres et la réalité opérationnelle du terrain.