Le ministère de la Promotion du Genre, de la Protection de la Femme, de la Famille et de l’Enfant a organisé une retraite stratégique à Boali le 20 octobre 2026. Cette rencontre a mobilisé plus de vingt partenaires nationaux et internationaux en République centrafricaine. Les participants ont échangé sur les mécanismes de protection des femmes et des enfants afin de définir une stratégie concertée. Ce travail collectif vise à renforcer l'action publique en faveur des populations vulnérables. Les échanges tenus à Boali marquent une nouvelle étape dans la coordination des interventions sur le terrain.
Identifier les défis structurels majeurs
Les violences basées sur le genre en République centrafricaine regroupent les violences physiques, sexuelles et psychologiques, ainsi que les mariages forcés et précoces. Anna Nthalbi, directrice de la division des droits de l’homme et représentante du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme en République centrafricaine, affirme que « les violences faites aux femmes, c’est une atteinte à la dignité, à l’intégrité, à la sécurité ». Elle précise que « toutes les personnes ne sont pas affectées de la même manière » et que « les difficultés d’accès aux soins concernent le droit à la santé », tandis que « la déscolarisation des filles touche évidemment au droit à l’éducation ».
Rachel Ndiangone-Mian, représentante résidente d’ONU Femmes en République centrafricaine, note que « l’investissement dans les femmes et surtout les filles constitue un levier central de développement ». Elle note que « les femmes et les filles peuvent donner des résultats probants dans l’éducation si les moyens sont mis en place pour les accompagner ». À ce titre, Rachel Ndiangone-Mian indique que quatre sur les cinq meilleurs résultats scolaires nationaux ont été obtenus par des femmes. Elle ajoute que « dans le monde entier, il a été prouvé que les pays perdent plus de la moitié de leurs produits intérieurs bruts du fait de la prévalence des violences basées sur le genre ». Enfin, elle mentionne des enjeux persistants tels que « la mortalité maternelle, la présence des sages-femmes, les grossesses précoces, les mariages précoces et leurs conséquences sur la scolarisation des femmes et des filles ».