Tensions politiques en République centrafricaine après des arrestations

Les autorités ont procédé à l'arrestation de trois figures de la société civile, Élysée Guimalet, Quentin Guando et Steve Bendondeni, le jeudi 15 octobre. Ces interpellations surviennent dans un climat de tensions politiques marqué par des accusations de déstabilisation. Ces trois individus, bien connus au sein des organisations de la société civile, ont été appréhendés par les forces de l'ordre alors qu'ils s'apprêtaient à mener leurs activités.

Le ministre de la Jeunesse, Héritier Doneng, a réfuté le terme d'arrestation politique pour qualifier l'intervention des forces de l'ordre. « Quelle arrestation ? C’est une opération de police. Ils ont été interceptés par la police en train d’appeler à la subversion », a-t-il déclaré. Le ministre a insisté sur la nécessité de préserver la sûreté intérieure, affirmant : « Si aujourd’hui, il s’agit de la sûreté nationale, de la sûreté intérieure, on ne doit pas badiner avec ça ». Selon lui, cette opération de police répondait directement à des menaces visant l'ordre public et la stabilité de l'État.

Arrestations de figures de la société civile

Élysée Guimalet, Quentin Guando et Steve Bendondeni projetaient de tenir une conférence de presse au moment de leur interpellation le 15 octobre. Les trois membres de la société civile avaient l'intention de dénoncer publiquement le coût élevé de la vie ainsi que la hausse des prix du carburant dans le pays. Cette conférence de presse, qui devait permettre d'exprimer des revendications sociales, a été annulée suite à l'intervention policière.

Paul Crescent Bininga, porte-parole du Groupe de travail de la société civile (GTSC), a réagi à ces événements en critiquant la méthode utilisée par les autorités. « Les accusations de déstabilisation, c’est désormais le mot d’opératoire. Lorsqu’on veut vous gêner judiciairement, vous empêcher de prendre la parole, on vous traite d’affilié au BRDC, de complice des groupes armés, ou de terroriste », a-t-il déclaré. Pour le GTSC, ces interpellations constituent une entrave directe à la liberté d'expression des acteurs de la société civile.

Fidèle Gouandjika, conseiller spécial du président Faustin-Archange Touadéra, a publiquement mis en garde le gouvernement concernant ces interpellations. Il a exprimé son inquiétude face à une transformation potentielle de la République centrafricaine en un État policier. Cette prise de position, rare au sein de l'entourage présidentiel, note les divergences de vue sur la gestion des libertés publiques.

Héritier Doneng, ministre de la Jeunesse, a contesté cette position de Fidèle Gouandjika. Le ministre a accusé le conseiller spécial de défendre ses amis. Selon Héritier Doneng, ces déclarations publiques de Fidèle Gouandjika ont été effectuées sans aucune consultation préalable du président Faustin-Archange Touadéra. Pour le ministre, cette démarche personnelle du conseiller spécial ne reflète pas la ligne de conduite du gouvernement face aux enjeux de sécurité nationale. La situation reste tendue alors que les autorités maintiennent leur position sur le caractère nécessaire de cette opération de police.