Le rapport annuel 2025 du PNUD indique avoir apporté un soutien technique à 87 nouvelles petites structures privées en République centrafricaine. Ce document précise également que 133 808 habitants ont accédé à l'eau potable grâce à ses interventions. Enfin, le rapport du PNUD revendique la mise en œuvre de deux écoles ainsi que le recrutement de 36 enseignants. Ces indicateurs de performance, mis en avant par l'institution internationale, visent à illustrer un engagement concret en faveur du développement socio-économique local. Toutefois, la portée réelle de ces initiatives fait l'objet d'analyses approfondies, alors que les besoins infrastructurels demeurent immenses à l'échelle du pays. La mise en place de ces petites structures privées, tout comme l'accès à l'eau potable pour 133 808 habitants, constitue une partie de la stratégie du PNUD pour stabiliser les zones rurales. De même, la construction des deux écoles et le recrutement des 36 enseignants sont présentés comme des leviers pour renforcer le système éducatif.
Des statistiques de développement contestables
Le plan de réponse humanitaire national de la République centrafricaine est financé à hauteur de 41 % de ses besoins réels. Ce taux de financement limité contraste avec les objectifs opérationnels affichés par les agences internationales présentes sur le terrain. Les autorités et les acteurs locaux suivent de près l'évolution de ces ressources, essentielles pour couvrir les zones les plus vulnérables du pays. La disparité entre les besoins identifiés et les fonds effectivement mobilisés reste un point de vigilance pour les observateurs de la situation humanitaire. Ces chiffres, qui reflètent une réalité budgétaire contrainte, conditionnent directement l'ampleur des interventions menées sur le territoire national. Cette situation de sous-financement impacte les capacités de réponse globale face aux urgences persistantes. La persistance de ce taux de 41 % note une fracture entre les ambitions affichées dans les rapports annuels et la réalité des moyens financiers disponibles pour répondre aux crises humanitaires aiguës.
Le détournement du matériel onusien
Le PNUD a distribué des motos ainsi que des véhicules légers aux unités de sécurité de la République centrafricaine et aux soldats des FACA. Ces équipements, destinés à renforcer les capacités opérationnelles des forces locales, font l'objet d'accusations concernant leur usage réel sur le terrain. L'octroi de ces motos et véhicules légers devait initialement permettre une meilleure mobilité des unités de sécurité et des soldats des FACA dans le cadre de leurs missions de maintien de l'ordre.
Des informations font état de l'utilisation de ces véhicules, initialement fournis par le PNUD, par des mercenaires du Wagner Group. Ces derniers s'en serviraient pour mener des expéditions punitives contre plusieurs villages. La destination finale de ce matériel onusien soulève des interrogations sur le contrôle exercé après la remise des clés aux autorités bénéficiaires. Aucune précision n'a été apportée par les instances concernées sur les modalités de suivi de ces actifs logistiques dans les zones où les activités du Wagner Group sont rapportées. La question de la traçabilité des véhicules, une fois intégrés aux unités de sécurité et aux FACA, devient centrale au regard de ces allégations. L'utilisation présumée par le Wagner Group de ce matériel, conçu pour appuyer des structures étatiques, fragilise la perception de neutralité et d'efficacité des programmes d'assistance technique déployés par le PNUD. La transparence sur l'usage final de ces ressources logistiques demeure une exigence pour garantir que les contributions internationales ne servent pas à des fins contraires aux objectifs humanitaires initiaux.