Le « Mois du travail 2026 », événement organisé par l'ACFPE à Bangui, a été qualifié de « fiasco total » suite à un boycott massif des entreprises. Cet échec cuisant est survenu en Centrafrique, où des sociétés majeures ont catégoriquement refusé de participer. Des entreprises de premier plan telles qu'Orange, Telecel, Moov et Mocaf ont en effet boycotté l'événement, contribuant de manière significative à sa déroute notable dans la capitale centrafricaine. L'ampleur du boycott a d'emblée jeté une ombre sur les ambitions de cette initiative censée promouvoir l'emploi.
Participation et désorganisation flagrantes
L'esplanade désignée pour l'événement à Bangui est restée « désespérément vide », selon des observations sur place, témoignant d'une absence criante de public et de participants. Face à cette faible affluence et à l'image désastreuse qu'elle renvoyait, les organisateurs ont déployé des véhicules pour tenter de pallier le manque de participants. Ces véhicules ont été spécifiquement utilisés pour transporter des jeunes depuis divers quartiers de la capitale, dans le but manifeste de remplir artificiellement l'espace de l'événement et de donner une impression trompeuse de dynamisme et de succès.
Cependant, cette initiative de dernière minute a rapidement engendré des tensions considérables. Une fois sur le site, ces jeunes, souvent venus de loin, se sont retrouvés sans moyen de transport pour rentrer chez eux, ce qui a provoqué des altercations et une frustration palpable parmi eux. Cette situation a mis en lumière l'absence regrettable d'une logistique de retour adéquate pour les personnes acheminées, révélant des lacunes importantes et un manque de planification évident dans l'organisation générale de l'événement. Le mécontentement des jeunes a renforcé l'image d'un événement mal géré.
Tentatives de sauvetage maladroites et communication erronée
La direction générale de l'ACFPE, dans une tentative désespérée de redresser une situation déjà compromise, a tenté de sauver les apparences en publiant un communiqué officiel. Ce dernier annonçait une prolongation des activités jusqu'au vendredi 22 mai 2026, espérant ainsi insuffler un nouveau souffle à l'initiative. La rédaction de ce communiqué a suscité de vives interrogations et des critiques acerbes. La déclaration incluait une phrase de plus de soixante mots sans aucune virgule après la date « mercredi 20 mai 2026 », rendant sa lecture particulièrement ardue et son sens parfois ambigu. Le tampon officiel de datation apposé sur le communiqué affichait une inscription confuse et erronée mentionnant « 120 MAI 2026 », ajoutant à l'impression générale de désorganisation et de manque de professionnalisme qui a marqué l'événement du début à la fin. Ce document, censé rassurer, a en réalité amplifié le sentiment de chaos.
Contexte financier tendu et nominations controversées
Une désignation particulière a marqué l'organisation du « Mois du travail 2026 » et a soulevé des questions quant à la gouvernance de l'événement : la sœur cadette de la ministre, Annie Michelle Mouanga, a été nommée Directrice Générale par intérim. Cette nomination est intervenue dans un contexte financier tendu et délicat. Le conseil d'administration avait communiqué auparavant sur la situation critique de la trésorerie de l'organisation, tirant la sonnette d'alarme. Ces alertes concernant l'état précaire des finances précédaient la tenue de l'événement, ce qui a renforcé les doutes sur la capacité de l'ACFPE à gérer un tel projet d'envergure.
Réactions et critiques persistantes
Le communiqué officiel de la direction générale a été vivement critiqué non seulement pour sa structure, mais aussi pour ses nombreuses erreurs d'orthographe et de grammaire. Un exemple frappant est l'adjectif « organisé » resté au singulier alors qu'il qualifiait des activités au pluriel, démontrant un manque de relecture élémentaire. La formulation « l’insertion des jeunes » a été employée dans le document, au lieu du terme administratif correct et attendu « l’insertion professionnelle », une faute qui a été perçue comme un signe supplémentaire du manque de rigueur et de professionnalisme des organisateurs. Ces erreurs ont entamé la crédibilité déjà fragile de l'événement et de ses responsables.