Martin Ziguélé dénonce les « mercenaires politiques » au sein du MLPC

Martin Ziguélé
Photo via Corbeaunews-centrafrique

Martin Ziguélé, président du Mouvement pour la Libération du Peuple Centrafricain (MLPC) et ancien Premier ministre, a pris la parole lors de la réunion hebdomadaire du bureau politique du parti pour dénoncer des « mercenaires politiques » au sein de sa formation. C'est au cours de cette réunion hebdomadaire du bureau politique du MLPC que Martin Ziguélé a formulé ces graves accusations. Il accuse le président Faustin-Archange Touadéra de fournir des moyens financiers à des dissidents afin de déstabiliser la direction du MLPC.

« Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC », a affirmé Martin Ziguélé, détaillant la chronologie des événements selon lui. Il a précisé que « le président de la République, a donné des moyens financiers » à ces individus, ajoutant que « c’est eux-mêmes qui en parlent, c’est eux-mêmes qui le disent, c’est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » Martin Ziguélé a comparé ces dissidents à des « mercenaires comme les Wagner sur le plan politique », soulignant la nature calculée et potentiellement rémunérée de leurs actions. Il a également souligné que « le parti est debout », insistant sur la résilience et la cohésion de la formation politique malgré les pressions externes.

Accusations de déstabilisation interne et ramifications judiciaires

Martin Ziguélé a désigné nommément Jackson Mazette, Chantal Jean-Édouard Koyambonou, et Étienne Malekoudou comme faisant partie de ces « mercenaires politiques » au sein du MLPC. Ces individus sont au cœur des allégations de l'ancien Premier ministre concernant les tentatives de déstabilisation du parti. Selon Martin Ziguélé, la crise actuelle au sein du Mouvement pour la Libération du Peuple Centrafricain a débuté après le refus du parti de participer au Dialogue Républicain, organisé à la suite des élections de 2021. Ce refus aurait, d'après lui, provoqué une réaction de la part du pouvoir en place, cherchant à affaiblir le MLPC de l'intérieur.

Les individus accusés de déstabilisation se seraient scindés en plusieurs factions, créant une confusion délibérée. Parmi ces groupes, l'un se présente comme « MLPC » et l'autre se nomme « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti mènerait ses activités de manière indépendante, ajoutant à la fragmentation. Martin Ziguélé a par ailleurs fait savoir qu'une plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Il a imputé ce blocage à des interférences présumées du gouvernement et du ministre d'État en charge de la Justice, suggérant une entrave au processus judiciaire qui, selon lui, devrait faire la lumière sur ces agissements. Cette situation, affirme Ziguélé, illustre la volonté de protéger ces « mercenaires politiques » et d'empêcher le MLPC de faire valoir ses droits.

Statuts et fonctionnement du parti : une structure établie

Le Mouvement pour la Libération du Peuple Centrafricain (MLPC) est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l'Administration du territoire et du notaire du parti. Ces documents fondamentaux définissent la structure, les règles de fonctionnement et les mécanismes de décision du parti. L'article 24 des statuts du MLPC précise que le Congrès, instance suprême du parti, élit le président du parti, le bureau politique et le conseil politique national. Ces instances, une fois élues, restent en fonction pendant une durée de trois ans. Il est également stipulé que le bureau en place est automatiquement dissous à la mise en place du bureau du nouveau congrès ordinaire, assurant ainsi un renouvellement régulier et démocratique des dirigeants.

Historiquement, le MLPC a connu des intervalles variés entre ses congrès. Il s'est écoulé neuf ans entre le premier et le deuxième congrès du MLPC, et treize ans entre le troisième et le quatrième, ce dernier ayant eu lieu en 2020. Ces périodes témoignent de la longévité et de l'évolution de la vie interne du parti. Conformément à l'article 12 des statuts, seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil Politique National ont la capacité de convoquer un congrès, garantissant ainsi que la décision de tenir une telle assemblée majeure est prise soit par la plus haute autorité du parti, soit par une large majorité de ses membres influents. Le cinquième congrès ordinaire du MLPC s'est tenu les 9 et 10 septembre, marquant une étape importante dans la vie démocratique du parti et la réaffirmation de sa direction légitime.

Réponse et unité du MLPC face à la déstabilisation

Martin Ziguélé a affirmé avec force que le Mouvement pour la Libération du Peuple Centrafricain (MLPC) reste uni et déterminé face aux tentatives de déstabilisation. Le président du parti a indiqué que le MLPC entend résister à la corruption politique qu'il dénonce, soulignant un engagement ferme contre toute forme d'ingérence ou d'achat de consciences. Il a insisté sur la cohésion interne du parti, malgré les accusations portées contre certains de ses membres et les manœuvres extérieures. Martin Ziguélé a réitéré que le MLPC est uni et déterminé à résister à ces tentatives de déstabilisation, ainsi qu'à la corruption politique qu'il perçoit. Cette position vise à rassurer les militants et à affirmer la légitimité de la direction actuelle face aux factions dissidentes. Pour Ziguélé, la force du MLPC réside dans son adhésion à ses principes et à ses statuts, qui sont le fondement de son existence et de son action politique.