Le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra a pris la parole à la 81e Assemblée générale des Nations unies à New York, le 23 septembre, pour aborder la question de la mission onusienne dans son pays. Bangui souhaite à terme assurer seule sa propre sécurité, a-t-il indiqué. Selon M. Touadéra, « un éventuel retrait de la mission onusienne doit se faire selon des critères objectifs et partagés, et non sur la base d’un calendrier déconnecté des réalités du terrain. » Il a ajouté que « cette dynamique montre que le dialogue politique, le désarmement négocié et la réconciliation peuvent contribuer à une paix durable. »
Pressions sécuritaires et humanitaires
Plus de 27 000 réfugiés soudanais se sont installés autour de Birao, dans le nord-est de la République Centrafricaine, exerçant une pression supplémentaire sur les ressources locales. Les violences enregistrées à Am-Dafock en juin ont entraîné le déplacement de plus de 11 000 Centrafricains, aggravant la situation humanitaire. Ces déplacements massifs créent une forte pression sur les ressources en eau et les services de base déjà limités dans la région. Ils alimentent également de nouvelles tensions concernant l'accès à la terre et à l'eau, en particulier entre les populations agricoles et les éleveurs.
Désarmement et objectifs nationaux
Sur les 14 groupes armés signataires de l'Accord Politique pour la Paix et la Réconciliation, 11 ont procédé à leur autodissolution. Deux autres groupes poursuivent actuellement leur processus de dissolution, marquant une avancée dans la réduction des acteurs armés dans le pays. Ces efforts s'inscrivent dans une démarche plus large de stabilisation. Le Plan National de Développement de la République Centrafricaine pour la période 2024-2028 met l'accent sur plusieurs piliers fondamentaux. Il vise notamment à renforcer la sécurité et la gouvernance. Le plan inclut également des investissements dans les infrastructures, le développement du capital humain et l'accroissement de la production économique pour soutenir la croissance et la stabilité du pays.
Appel à la solidarité internationale
Bangui a plaidé pour davantage de solidarité internationale lors de l'Assemblée générale des Nations unies. La République Centrafricaine a particulièrement insisté sur la nécessité d'un soutien accru face aux conséquences des crises régionales qui affectent le pays. Elle a également mis en lumière l'impact du changement climatique sur ses populations et ses ressources. Enfin, les autorités centrafricaines ont souligné les besoins de développement urgents des pays fragiles, appelant la communauté internationale à intensifier son engagement dans ces domaines. Cette demande s'inscrit dans un contexte où le pays cherche à renforcer sa stabilité et son autonomie.
Critères pour le retrait onusien
Le président Faustin-Archange Touadéra a appelé à une transition progressive de la mission des Nations unies, qui devrait être fondée sur la réalité sécuritaire du pays. Selon M. Touadéra, tout retrait de la mission onusienne doit s'appuyer sur des critères objectifs et partagés. Il a souligné que ces critères ne sauraient être subordonnés à un calendrier déconnecté des réalités du terrain. Cette approche vise à garantir que le départ des forces internationales corresponde à une capacité nationale renforcée et autonome à assurer la sécurité.