Critique sévère de la gestion des ressources en Centrafrique

Fidele gouandjika au centre culturel missi momo
Photo via Corbeaunews-centrafrique

Fidèle Gouandjika, ministre conseiller à la présidence de la République centrafricaine, a rendu public son bilan des cent premiers jours du gouvernement Moloua 3. Le responsable a attribué la note de 0 sur 20 à cette équipe gouvernementale. Cette évaluation, formulée par un membre de l'exécutif lui-même, note une insatisfaction profonde concernant la trajectoire actuelle des affaires publiques. En tant que ministre conseiller à la présidence de la République centrafricaine, Fidèle Gouandjika occupe une fonction qui lui permet d'observer de près les rouages de l'administration et l'efficacité des politiques mises en œuvre par le gouvernement Moloua 3.

Fidèle Gouandjika justifie ce jugement sévère par une gestion défaillante des richesses naturelles du pays. Le ministre conseiller à la présidence a déclaré : « Nous avons le diamant, nous avons l’or, nous avons les bois, nous avons tout. Mais il n’y a que des contrebandes ». Cette évaluation intervient dans un contexte de critiques récurrentes sur l'exploitation des ressources nationales en Centrafrique, remettant en question la capacité de l'État à transformer le potentiel minier et forestier en leviers de développement économique concret pour la population.

Pillage des ressources nationales

Fidèle Gouandjika affirme que les ressources en diamant, en or et en bois de la République centrafricaine échappent aux caisses de l'État en raison de la contrebande et de la corruption. Selon le ministre conseiller à la présidence de la République centrafricaine, ces richesses naturelles ne génèrent pas les revenus attendus pour le budget national. Les activités illicites captent une part importante de la production, privant ainsi le pays de ressources financières essentielles qui devraient normalement abonder les finances publiques. Cette situation, selon Fidèle Gouandjika, empêche le gouvernement Moloua 3 d'atteindre ses objectifs financiers et sociaux, les revenus étant détournés par des circuits parallèles.

Fidèle Gouandjika dénonce également le fonctionnement des services de contrôle aux frontières et sur les axes routiers. Le ministre conseiller à la présidence de la République centrafricaine allègue que certains agents des douanes laissent passer des camions sans aucune inspection dès lors que ces véhicules appartiennent à des individus protégés. Ces pratiques permettraient, selon lui, d'acheminer des cargaisons de ressources hors des circuits officiels de taxation et de régulation. L'absence de vérification systématique favorise, d'après les propos du responsable, le détournement des flux de marchandises au profit d'acteurs privés bénéficiant d'une immunité de fait.

Le ministre conseiller à la présidence de la République centrafricaine soutient que cette porosité des contrôles constitue un obstacle majeur à l'intégrité de la gestion des ressources nationales. En permettant à des cargaisons de diamant, d'or et de bois de transiter sans être soumises aux taxes réglementaires, le système actuel, tel qu'il est décrit par Fidèle Gouandjika, fragilise la souveraineté économique de la République centrafricaine. Le bilan de 0 sur 20 attribué par le ministre conseiller à la présidence de la République centrafricaine au gouvernement Moloua 3 reflète donc une exigence de transparence accrue et une volonté affichée de mettre fin à ce qu'il qualifie de pillage organisé, au détriment des intérêts de l'État centrafricain.