Dominique Désiré Erenon, président du parti MDSP, a été arrêté le 3 octobre 2025 à l'aéroport de Bangui en République centrafricaine. Son interpellation, survenue au sein de l'infrastructure aéroportuaire de la capitale, s'inscrit dans un contexte de tensions liées à la détention de plusieurs personnalités politiques dans le pays. Cette arrestation, qui a marqué l'actualité nationale au début du mois d'octobre, soulève de nombreuses interrogations sur la situation des opposants et des figures publiques.
Abakar Mahamat, ancien directeur général du Trésor, a également été arrêté le 11 mars 2025 par l'OCRB. L'Office central de répression du banditisme (OCRB) a procédé à cette interpellation dans le cadre de ses missions habituelles, mais le profil de l'ancien haut responsable du Trésor a immédiatement conféré à cette affaire une dimension politique particulière. Ces deux arrestations, celles de Dominique Désiré Erenon et d'Abakar Mahamat, alimentent la controverse actuelle concernant le traitement des prisonniers politiques par les autorités centrafricaines. Les procédures engagées contre ces deux hommes font l'objet d'un suivi attentif des acteurs de la vie publique locale, alors que les conditions de leur détention restent au centre des préoccupations exprimées par différents cercles politiques à Bangui.
Détentions prolongées et procédures bloquées
Régis-Lionel Dounda, ancien ministre de la Jeunesse et des Sports, demeure en détention depuis 2021. La situation de l'ancien membre du gouvernement est devenue emblématique des difficultés rencontrées par certains détenus dans le système judiciaire national. Régis-Lionel Dounda a été condamné à dix ans de prison en première instance. Cette décision de justice, rendue à l'issue d'un procès initial, a ouvert une période d'incertitude juridique qui perdure depuis plusieurs années.
Le dossier de l'ancien ministre fait face à un blocage persistant de son parcours judiciaire. Ses avocats n'ont toujours pas reçu le document de jugement nécessaire pour engager la procédure d'appel, maintenant ainsi l'ancien ministre dans une situation d'attente prolongée. Sans cette pièce maîtresse du dossier, la défense se trouve dans l'incapacité technique de contester la condamnation devant une instance supérieure, ce qui paralyse l'exercice des droits de recours prévus par la loi.
Martin Ziguélé, ancien Premier ministre et président du MLPC, associe ce type de blocage aux restrictions des libertés publiques observées dans le pays. Il déclare : « Il y a plusieurs formes de prison ». Le responsable politique ajoute : « Même si vous êtes dehors et que vous ne pouvez pas parler, c’est comme si vous étiez en prison. » Ces propos illustrent les inquiétudes persistantes sur l'accès à une justice effective pour les personnalités politiques en République centrafricaine, alors que les délais de procédure s'étirent sans issue apparente pour les individus concernés. La multiplication de ces dossiers, marquée par des lenteurs administratives et des interpellations médiatisées, continue de susciter un débat soutenu au sein de la classe politique centrafricaine sur l'état de droit et le respect des procédures judiciaires fondamentales.