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Le régime du président Faustin-Archange Touadéra promeut activement un projet ferroviaire ambitieux visant à relier la République Centrafricaine au Cameroun. Ce projet est présenté avec un coût virtuel de 6 milliards de dollars, un chiffre qui suscite des interrogations quant à sa concrétisation. Une cérémonie médiatisée de pose de la première pierre a déjà eu lieu, un événement stratégiquement positionné avant l'élection présidentielle prévue le 28 décembre 2025, ce qui soulève des questions sur le calendrier et les motivations politiques derrière cette annonce majeure.
Détails du projet ferroviaire et ses objectifs
Au cœur de cette initiative se trouve la société A&S Resources, qui a affirmé le 4 septembre 2026 avoir obtenu un « financement sécurisé » de 6 milliards de dollars. Ce montant proviendrait, selon ses déclarations, de l'Export-Import Bank of India, une institution financière d'État. Ce financement est spécifiquement alloué au développement et à la réalisation du projet ferroviaire.
La ligne ferroviaire proposée représente une infrastructure colossale, s'étendant sur 1 350 kilomètres à travers le territoire. Son objectif principal est de relier d'importants gisements miniers situés en République Centrafricaine à la côte camerounaise, et plus précisément au port de Kribi. Cette connexion stratégique vise à faciliter massivement l'exportation des ressources naturelles du pays, notamment le minerai de fer, vers les marchés internationaux.
Historique complexe et figures clés récurrentes
L'idée d'une telle ligne ferroviaire, destinée à connecter les riches ressources minières de la Centrafrique au port en eaux profondes de Kribi, n'est pas nouvelle. Son histoire est ancienne et a, selon les allégations, été utilisée pendant des décennies comme un outil de propagande par divers régimes successifs pour simuler un développement national et promettre une prospérité future.
Dès 2009, l'homme d'affaires Saif Durbar s'était déjà impliqué dans un projet d'infrastructure ferroviaire d'une envergure similaire. Ce dernier concernait une route ferroviaire ambitieuse qui devait relier non seulement le Cameroun et la Centrafrique, mais aussi le Soudan, témoignant de l'intérêt persistant pour de telles liaisons transfrontalières. Saif Durbar est une figure récurrente et controversée dans ce dossier. Son passé est marqué par une incarcération en France pour fraude, en lien direct avec l'affaire UraMin, une affaire qui avait secoué le secteur minier. Son implication continue dans des projets ferroviaviaires complexes en Afrique centrale met en lumière la persistance de certains acteurs malgré des antécédents judiciaires.
Financement, promesses et allégations d'A&S Resources
La société A&S Resources, au centre de ce projet, avance des chiffres impressionnants pour justifier l'ampleur de l'investissement. Elle affirme contrôler des réserves considérables de minerai de fer, estimées à 20 milliards de tonnes, dont la valeur marchande serait de 2 500 milliards de dollars. La société prétend également disposer d'une capacité de transport quotidienne de 250 000 tonnes une fois la ligne opérationnelle.
En février 2026, A&S Resources a par ailleurs déclaré avoir sécurisé des contrats stratégiques majeurs. Ces accords couvriraient l'exploitation minière des gisements, la logistique associée au transport des minerais, ainsi que des contrats de ventes à long terme, assurant ainsi, selon la société, la viabilité économique du projet. Concernant le financement de 6 milliards de dollars, A&S Resources a précisé, dans ses bulletins promotionnels, que celui-ci proviendrait d'une banque d'État indienne, réitérant l'information d'un « financement sécurisé » auprès de l'Export-Import Bank of India.
Enjeux et critiques entourant le projet
L'article soulève de sérieuses critiques quant aux véritables intentions derrière ce projet d'infrastructure. Il allègue que le projet ferroviaire serait utilisé par le régime actuel de Faustin-Archange Touadéra comme un prétexte ou un levier pour justifier une potentielle vente de gisements miniers stratégiques du pays. Cette démarche servirait des intérêts dont la nature exacte et les bénéficiaires restent non spécifiés, alimentant ainsi les doutes sur la transparence et les retombées réelles pour la population centrafricaine.