Les travaux de construction routière sur l'axe Ndélé-Ouadda sont actuellement totalement paralysés, marquant un arrêt significatif dans le développement des infrastructures de transport de la région. Des techniciens de laboratoire du ministère des Travaux Publics ont quitté ce chantier stratégique, situé à quinze kilomètres de la ville de Ndélé, en direction du village de Boungou. Leur départ officiel, intervenu le dimanche 24 mai 2026, est motivé par la revendication de leurs indemnités de subsistance, bloquant ainsi l'avancement du projet. Cette paralysie complète des opérations met en péril le calendrier de livraison de cette infrastructure essentielle.
Rôle clé et revendications des techniciens
Le rôle des techniciens de laboratoire est jugé indispensable pour l'analyse de la qualité des sols, la vérification de la résistance des matériaux et la validation du compactage avant l'application du revêtement routier. Sans leur expertise, aucune étape technique clé ne peut être validée, garantissant la durabilité et la sécurité de la route. Ces agents de l'État, initialement basés dans la capitale, Bangui, avaient accepté leur affectation dans la région éloignée de Ndélé en échange d'une indemnité de subsistance mensuelle. Cette indemnité, destinée à couvrir leurs frais de vie loin de leur lieu de résidence habituel, est fixée entre 150 000 et 200 000 francs CFA. Cependant, les techniciens affirment n'avoir perçu aucune de ces indemnités depuis le début des travaux, une situation qui dure depuis plusieurs mois. Ils accusent ouvertement le directeur du laboratoire national d'avoir retenu ou réorienté ces enveloppes financières, privant ainsi les techniciens des fonds qui leur sont dus. Cette allégation note une défaillance potentielle dans la gestion des fonds alloués au projet.
Conséquences directes sur le chantier
L'absence des techniciens de laboratoire bloque directement la progression physique du chantier routier. Sans leurs analyses cruciales sur la qualité des sols et la résistance des matériaux, aucune étape de construction ne peut être validée, ce qui rend toute avancée impossible. Le compactage, étape essentielle avant l'application du revêtement, ne peut être vérifié ni certifié, rendant impossible la poursuite des travaux sur l'axe Ndélé-Ouadda. Cette situation entraîne une interruption complète des opérations sur le site, avec des implications potentielles non seulement pour le calendrier de livraison, mais aussi pour le coût global du projet, en raison des retards accumulés et des éventuelles pénalités. Le chantier reste ainsi à l'arrêt tant que les techniciens n'auront pas repris leurs fonctions, ce qui nécessite une résolution rapide du conflit. La non-réalisation de ces vérifications techniques fondamentales pourrait compromettre la qualité finale de l'infrastructure routière, même si les travaux devaient reprendre sans une résolution adéquate.
Contexte des paiements et des négociations
L'Office National du Matériel (ONM), en collaboration avec l'UNOPS et la Banque mondiale, avait déjà versé une partie des salaires différés aux ouvriers employés sur le chantier, ce qui avait permis une reprise partielle de l’activité. Ce paiement avait apporté un certain soulagement et avait relancé l'espoir d'une progression continue des travaux. Cependant, les techniciens de laboratoire continuent de réclamer leurs indemnités de subsistance, distinctes des salaires des ouvriers, soulignant l'échec des négociations précédentes à résoudre l'ensemble des revendications. Cette situation met en lumière la complexité des arrangements financiers impliquant plusieurs acteurs internationaux et nationaux dans le financement et la gestion des projets d'infrastructure en Centrafrique. Le blocage persiste malgré les efforts initiaux de paiement, car les revendications spécifiques des techniciens demeurent insatisfaites, créant une fracture au sein des équipes du chantier.
Objectifs des techniciens grévistes
L'objectif principal des techniciens grévistes est d'obtenir des explications claires et transparentes concernant le non-paiement prolongé de leurs indemnités de subsistance. Ils exigent également que le ministère des Travaux Publics procède directement au versement des sommes qui leur sont dues, sans intermédiaire, afin d'éviter toute nouvelle rétention ou réorientation des fonds. Cette démarche vise à garantir que leurs revendications financières soient intégralement satisfaites et à clarifier les responsabilités dans la gestion de leurs indemnités de subsistance, dont le blocage a mené à l'arrêt des travaux sur cet axe routier essentiel. Ils espèrent ainsi une résolution durable qui leur permettra de reprendre leurs fonctions dans des conditions équitables.